Main-d'œuvre et immigration

Communiqués

2 février 2026

Programme des travailleurs étrangers temporaires : Des PME et des acteurs économiques du Québec interpellent le gouvernement Carney

Ottawa, le 2 février 2026 – Des PME québécoises membres de l’Alliance main-d’œuvre étrangère, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Conseil du patronat du Québec (CPQ) et Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) lancent un message clair au gouvernement fédéral : les restrictions actuelles au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), combinées à des réformes mal arrimées entre Ottawa et Québec, menacent directement le succès et la survie de compagnies québécoises. Ils réclament une clause de droits acquis et des mesures transitoires pour permettre aux entreprises de s’adapter et d’éviter d’aggraver les difficultés auxquelles elles font face.

Des impacts économiques bien réels

Les effets des restrictions au PTET imposées aux entreprises par le gouvernement fédéral se font déjà sentir sur l’économie du Québec et de ses régions.

« La principale préoccupation des entreprises est la perte imminente de leurs employés qui ne pourront pas renouveler leur permis de travail », souligne Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ. « Les entreprises affectées ont perdu en moyenne plus d’un demi-million de dollars jusqu’à maintenant et s’attendent à en perdre plus de deux millions au cours des deux prochaines années, selon un récent sondage de la FCCQ. 35 % des répondants estiment que la survie de leur entreprise est à risque en raison des restrictions. En pleine période d’incertitude économique, le gouvernement fédéral doit permettre à nos entreprises de garder la main-d’œuvre dont elles ont besoin. »

« On nous empêche de renouveler des contrôleurs, des électromécaniciens et des machinistes hautement qualifiés, notamment en fonderie, recrutés pour combler une pénurie criante au Québec », affirme Claude Blanchet, président-directeur général de CIF Métal, membre de l’Alliance main-d’œuvre étrangère. « Aucune mesure de productivité, d’innovation ou d’automatisation ne peut remplacer cette expertise. »

« Ce que nous vivons actuellement impose un véritable plafond à notre croissance. Nous n’avons d’autre choix que de réduire notre production, et certaines entreprises commencent même à envisager une relocalisation de leurs activités », ajoute Jean Bourassa, président de Transport Bourassa, membre de l’Alliance. « Cette instabilité découle de décisions gouvernementales incohérentes et de solutions qui ne sont pas arrimées à la réalité des PME. »

Des familles québécoises affectées

Au-delà des impacts économiques, les organisations s’inquiètent des conséquences humaines des réformes en cours. Les changements successifs au PTET, et l’abolition du Programme d’expérience québécoise, faisant du Programme de sélection de travailleurs qualifiés la seule voie d’accès à la résidence permanente pour les travailleurs qualifiés, plongent dans l’incertitude
des travailleurs étrangers déjà établis au Québec.

« Nous devons annoncer à certains de nos meilleurs employés, venus ici avec leur famille, qui ont appris le français et qui s’impliquent dans leur communauté, que le gouvernement refuse d’envisager le renouvellement de leur permis de travail », témoigne Marc Leclair, président-directeur général d’Emballage St-Jean, membre de l’Alliance. « Les décisions en matière d’immigration ne peuvent pas être uniquement administratives : elles doivent aussi être humaines. »

Les PME : colonne vertébrale de l’économie

L’Alliance, la FCCQ, le CPQ et MEQ rappellent que les PME constituent la colonne vertébrale de l’économie, particulièrement dans les régions. « Quand on fragilise l’accès à cette expertise essentielle, ce sont aussi des centaines d’emplois québécois qui deviennent vulnérables dans l’ensemble de nos opérations », mentionne Hugue Meloche, président et chef de la direction du Groupe Meloche, membre de l’Alliance. « C’est non seulement la vitalité de nos entreprises, mais aussi celle de nos régions, qui dépend directement de la stabilité d’une main-d’œuvre spécialisée. »

La situation est aggravée par un manque de cohérence entre les gouvernements fédéral et provincial, dont les réformes respectives affectant la main-d’œuvre étrangère créent de l’imprévisibilité pour les entreprises. Ces décisions ne correspondent pas à la vision portée par le premier ministre Mark Carney, qui souhaite stimuler la croissance économique au Canada.

Les quatre organisations s’attendent à ce que le gouvernement Carney tienne compte des besoins propres au Québec dans une approche économique différenciée, comme celle démontrée pour les enjeux spécifiques à d’autres provinces, notamment l’Alberta. Dans la plus récente étude du CPQ, on pouvait constater qu’avec un indice de remplacement de la main-d’œuvre inférieur à 1,0, le nombre d’entrants sur le marché du travail québécois demeure insuffisant pour compenser les départs des travailleurs plus âgés.

Une demande claire

L’Alliance, la FCCQ, le CPQ et MEQ demandent au gouvernement fédéral :
• La mise en place d’une clause de droits acquis (« clause grand-père ») pour les travailleurs du PTET déjà au pays ;
• Des mesures transitoires claires et flexibles permettant aux entreprises de conserver les travailleurs étrangers déjà en poste et d’en recruter où les besoins sont critiques ;
• Le rétablissement du processus de traitement simplifié ;
• Une meilleure coordination entre Ottawa et Québec ;
• Des solutions réellement adaptées aux besoins des PME québécoises.

« Le PTET est un levier structurant pour la croissance et la compétitivité du Québec. Les modifications apportées depuis 2024 à ce programme ont été mises en œuvre sans préavis suffisant ni consultation réelle des milieux économiques, créant une instabilité réglementaire majeure pour les entreprises québécoises. Dans un contexte de rareté persistante de main-d’œuvre et de pression démographique accrue, il est essentiel de privilégier une approche prévisible, agile et mieux arrimée aux besoins réels des employeurs », déclare Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ.

« Les travailleurs étrangers temporaires déjà actifs au Québec contribuent pleinement à l’économie : ils sont non seulement intégrés mais incontournables pour beaucoup d’entreprises. Les nouvelles règles réduisent de façon importante la capacité des entreprises manufacturières à trouver de la main-d’œuvre pour répondre à leurs besoins, alors qu’il y a plus de 12 000 postes vacants dans le secteur. Le gouvernement fédéral doit agir de façon urgente pour préserver notre économie et donner de la prévisibilité aux entreprises », explique Julie White, présidente-directrice générale de MEQ.

À propos de l’Alliance main-d’œuvre étrangère

L’Alliance main-d’œuvre étrangère regroupe des entreprises québécoises des secteurs manufacturier, aérospatial, métallurgique et du transport qui dépendent de l’immigration économique : CIF Métal, Emballage St-Jean, Transport Bourassa, Groupe Meloche, PH Tech, Groupe Castech/Plessitech, Les Sables Olimag, Innotex, Groupe Novatech, Mitchell Aerospace, Nutech Canada, Gosselin Express et Artopex, entre autres. Elle défend un accès prévisible et adapté aux travailleurs étrangers, et sensibilise les gouvernements aux impacts des restrictions actuelles sur la compétitivité des entreprises et la vitalité des régions.

Renseignements :

Sabrina Sévigny

Conseillère principale

MERCURE

sabrina@mercure.ca

Partager