Mémoire – Consultation visant à renforcer les relations de travail et à mieux soutenir les travailleurs

Modernisation du cadre fédéral des relations de travail

Contexte

Pour la FCCQ, des garde-fous doivent exister afin de protéger la prospérité économique et le bienêtre de la population. Nos milieux de travail, notre société et notre économie étant en constante transformation, notre législation ne devrait pas être bétonnée dans le statu quo et plutôt évoluer avec le nouveau contexte.

Les relations de travail ont traditionnellement été comprises comme une relation bilatérale entre d’un côté, les patrons et de l’autre les employés. L’exercice de rapport de force derrière le recours à des moyens de pression et ultimement le recours à la grève ou au lock-out vise principalement à atteindre économiquement l’autre partie afin de faire évoluer son positionnement vis-à-vis une revendication. Cette pratique est reconnue et acceptée dans le cadre de la négociation de conditions de travail. Aujourd’hui, il est cependant de plus en plus évident que ces relations ne se passent plus en vase clos.

De nombreuses grèves ou lock-out sont accompagnés de stratégies afin d’attirer l’œil de l’opinion publique. Campagnes publicitaires, interruption des activités d’autres entreprises, interpellations des médias et des politiciens sont dorénavant des outils à la disposition des parties afin de mettre de la pression sur l’autre partie. Par le fait même, les parties exerçant ce type de moyens de pression interpellent nécessairement le milieu politique dans le cadre de leur négociation. Certains nommeront d’un côté « prendre la population en otage » et, de l’autre côté « attirer le regard public sur une injustice ». De telles stratégies sortent des cadres stratégiques et philosophiques qui ont historiquement dicté notre législation du travail. En exerçant une pression sur des tiers, les parties patronales et syndicales adhèrent implicitement à ce que des forces externes soit appelé à jouer un rôle dans leur conflit de travail. Afin d’éviter une telle situation, il est normal et souhaitable que ces derniers identifient des moyens de limiter les impacts sur la population. Si les impacts pour la population ou pour des acteurs externes au conflit de travail ne peuvent être mitigés raisonnablement, des mécanismes doivent être mis en place afin que leurs intérêts soient pris en considérations.

Si le droit d’association et implicitement le droit à la grève sont reconnus la Charte canadienne des droits et libertés, ces mêmes chartes mentionnent également en préambule que ces droits peuvent être balisés.

Dans une telle situation, l’exercice du droit d’association doit être fait de façon à minimiser les impacts sur le bien-être général. Il est toutefois vrai que toute atteinte à ce droit doit être utilisée avec grande parcimonie et que des moyens raisonnables et équivalents doivent être mis en place afin de compenser les impacts négatifs de toute limitation à ce droit.

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