Relations Québec–États-Unis et commerce international

Lettres ouvertes

11 août 2026

Tarifs douaniers : nos entreprises demandent une entente avec Washington de toute urgence

Lettre ouverte signée de Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ, et publiée dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.

 

Face aux offensives tarifaires de Washington depuis le printemps 2025, Ottawa n’a jusqu’ici obtenu aucun gain. Si l’espoir était que l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre forcerait une réduction, voire l’abolition des tarifs, cette stratégie n’a pas été concluante.

Alors que de nouveaux tarifs de 50 % pourraient être appliqués dès le 19 août, nous ne pouvons plus attendre. Il y a urgence, et le gouvernement fédéral doit obtenir rapidement une entente qui permettra d’assouplir les tarifs en place et d’en éviter de nouveaux.

Nos relations commerciales avec les États-Unis sont ébranlées. L’ACÉUM n’a pas été renouvelé, et les tarifs de 50 % qui nous menacent s’ajouteraient aux chocs tarifaires successifs qui ont durement frappé nos entreprises depuis plus d’un an déjà.

L’entrée en vigueur de ces nouveaux tarifs aurait des impacts dévastateurs dans plusieurs industries importantes pour nos régions et l’économie du Québec : pâtes et papiers, emballages, plastiques, textiles et vêtements, machinerie industrielle, matériel électrique, meubles et autres produits du bois, produits chimiques, et agroalimentaire. Ces industries représentent plus de 50 % du PIB manufacturier québécois et le tiers des exportations internationales du Québec. C’est énorme.

Le Québec est déjà la province la plus touchée par les tarifs. Je suis allée sur le terrain et j’ai eu la chance de parler avec beaucoup de dirigeants d’entreprises. Le constat est clair : la grande majorité d’entre elles ne pourra pas absorber ce nouveau choc tarifaire. Les entreprises visées pourraient devoir fermer, ou relocaliser aux États-Unis.

La firme KPMG l’a d’ailleurs soulevé dans une étude récente : plus de 40 % des manufacturiers envisagent ou ont entamé une délocalisation aux États-Unis. C’est tout l’écosystème économique qui gravite autour de ces exportateurs – fournisseurs, clients, partenaires – qui est touché. Des centaines de milliers d’emplois sont en jeu.

La situation est critique. Nos exportations vers les États-Unis ont chuté de 4 milliards $. Le constat est implacable : nous n’avons plus le luxe d’attendre.

Le premier ministre Carney multiplie les efforts pour favoriser la diversification des marchés. C’est une approche qui est nécessaire mais qui a un impact limité à court terme sur nos exportations et notre économie. Une entente négociée doit demeurer la priorité. À commencer par considérer un retour des alcools américains sur les tablettes, si cela peut permettre certains assouplissements tarifaires. C’est désormais une question de survie pour bien des entreprises. Les négociations doivent s’intensifier et gagner en efficacité, et le Québec doit y jouer un rôle central. Nos entreprises ont attendu trop longtemps.

 

Véronique Proulx

Présidente-directrice générale

Fédération des chambres de commerce du Québec

 

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