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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le 1er novembre 2017

Par Stéphane Forget, MBA
Président-directeur général intérimaire
Fédération des chambres de commerce du Québec

Valoriser nos ressources est un choix gagnant pour le Québec

La transition vers une société plus sobre en carbone est nécessaire et nous y croyons.  C’est un processus qui s’accélèrera, mais qui s’échelonnera sur une période qui demandera malgré tout l’apport des hydrocarbures puisque l’hydro-électricité ne peut subvenir à tous nos besoins.

Il faut donc réfléchir de manière globale à la portée de cette transition, notamment au niveau économique, car à ce chapitre, l’impact du secteur pétrolier au Québec est significatif. Plusieurs entreprises sont impliquées dans le raffinage et la transformation de produits pétroliers, générant en 2015 des revenus de plus de 10 milliards de dollars et 3,5 milliards en taxes et impôts pour nos gouvernements.  Et ce sont de « bonnes jobs » qui sont offertes aux travailleurs de ce secteur, car ceux-ci gagnent, en moyenne, 2,3 fois le salaire moyen au Québec 

C’est sans compter le potentiel que représente le secteur de la production d’hydrocarbures.  D’abord, il y a les raisons strictement économiques.  On le sait, l’utilisation des hydrocarbures par les Québécois reste importante.  Malgré un consensus assez large sur l’importance de réduire significativement notre consommation, il s’est vendu plus de 8 milliards de litres d'essence au Québec en 2016, une hausse de près de 4 % depuis 2010. Les produits pétroliers demeurent au premier rang de l’énergie consommée au Québec en comblant 38 % de tous nos besoins.  Selon des données de la Chaire en gestion de l’énergie de HEC Montréal, le Québec importe environ 70 % de tout son pétrole brut de l’étranger « exportant » ainsi plus de 10 milliards de dollars à l’extérieur du Québec. Il faut être bien riche pour se permettre cette ponction, surtout si l’on peut subvenir, en partie du moins, à ses propres besoins.

Les revenus tirés de l’émergence d’une filière locale pourraient donc améliorer notre balance commerciale et les finances publiques.  Cette idée n’est pas frivole : l’exploitation d’autres ressources améliore déjà notre performance économique et nos finances publiques.  À titre illustratif, les droits, permis, impôts et autres contributions du secteur minier ont rapporté plus de 600 millions de dollars au gouvernement du Québec en 2014.  C’est sans compter l’impact des salaires et de la chaîne de valeur sur l’économie et les finances publiques.  
Certes, du travail reste à faire pour mieux connaître le potentiel économique de la filière des hydrocarbures au Québec et c’est pourquoi le travail d’exploration doit pouvoir se concrétiser. Quatre projets de règlements de mise en œuvre de la Loi sur les hydrocarbures ont été publiés pour consultation avec l’intention d’en faire la réglementation la plus stricte en Amérique du Nord.  Ainsi, le Québec développera les meilleurs pratiques réglementaires et suscitera des innovations qui permettront des gains environnementaux ici et ailleurs.

Plusieurs préoccupations ont été soulevées, la plupart portent sur des problématiques de cohabitation auxquelles il faut répondre.  Pour que l’exploitation de nos ressources soit un succès, les retombées doivent être claires, les impacts compris et mitigés et la confiance installée.  Le Québec a d’ailleurs fait beaucoup de travail au cours des dernières années pour définir des orientations en matière d’acceptabilité sociale, auxquels la FCCQ a grandement contribué et qu’elle a saluée. 

S’il est normal d’exiger le respect des meilleures pratiques environnementales, il nous semble anormal de minimiser le potentiel économique et financier dans la réflexion.  La réglementation doit incarner une vision équilibrée de la place que l’exploitation de nos hydrocarbures pourrait prendre dans notre société et notre économie. Pour se faire, il faut permettre la réalisation des projets qui passeront le test, exigeant, de notre réglementation. 

 

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