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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le vendredi 26 mai 2017

Par Stéphane Forget, MBA
Président-directeur général intérimaire
Fédération des chambres de commerce du Québec


Grève dans l’industrie de la construction
Trouver rapidement une solution qui tienne compte du contexte

« Ce n’est pas l’employeur qui paie les salaires, c’est le client », a dit Henry Ford. Voilà une vérité qu’on doit toujours garder à l’esprit lorsqu’on négocie une convention collective. C’est vrai dans l’industrie de la construction comme dans n’importe quel secteur de l’économie.
On l’oublie trop souvent : une négociation n’est jamais une simple partie de bras de fer qui se joue dans l’absolu. Et elle n’est jamais un jeu à somme nulle, où le gain de l’un est la perte de l’autre. Une entente qui néglige les intérêts des clients fait des perdants des deux parties.

Qu’il s’agisse de la flexibilité dans les horaires ou des salaires offerts, c’est dans cet esprit que les employeurs de la construction ont fait leurs propositions dans les négociations qui, malheureusement, ont dégénéré en conflit. Les employeurs cherchent à conserver à l’industrie québécoise de la construction un caractère concurrentiel qui, seul, peut assurer la sécurité d’emploi à ses travailleurs.

Malgré que l’industrie soit en décroissance depuis cinq ans, la partie patronale ne cherche pas à diminuer la rémunération des salariés de la construction – ni en termes nominaux, ni en termes réels. Au contraire, les employeurs ont clairement manifesté leur volonté de la protéger. Mais pour maintenir, voire accroître le nombre et la rémunération des heures travaillées, l’industrie doit se doter de la souplesse propre à répondre, mieux et à coût concurrentiel, aux besoins de ses clients.

Toute solution au conflit actuel, qu’elle soit négociée, imposée par décret ou obtenue par arbitrage, devra impérativement tenir compte de cette réalité.

L’urgence d’une solution

En outre, le coût associé à une grève dans l’industrie de la construction est tel que cette solution, peu importe laquelle, doit être mise en place dans l’urgence. L’adage « quand la construction va, tout va » est vrai à l’inverse. L’impact d’une grève de la construction se répercute dans tous les secteurs de l’économie. Souvenons-nous qu’en 2013, un arrêt de travail de dix jours a coûté 333 millions de dollars au PIB québécois en chutant de 1,1 %  Sans compter les coûts jamais comptabilisés, mais réels, associés aux risques de violence et d’intimidation qui accompagnent souvent ce genre de conflit. Les enjeux de ce différend dépassent donc, et de loin, le seul intérêt de ses protagonistes.

Devant l’impasse actuelle, tous les moyens doivent être envisagés afin d’en arriver rapidement à un retour au travail et relancer les négociations sur des bases qui tiennent compte de leur contexte.

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