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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le mercredi 11 mars 2015 - Publiée dans Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec et La Tribune .

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec


Modernisons nos principaux aéroports régionaux

Les consignateurs

Marcel H. Jolicoeur
Chambre de commerce régionale de l’Abitibi

Chantal Pilon
Chambre de commerce régionale du Bas-St-Laurent

Luc Gaudreau
Chambre de commerce régionale du Centre-du-Québec

Pierre Laroche
Chambre de commerce régionale de Chaudière-Appalaches (CCRCA)

Les chambres de commerce de la région de la Côte-Nord

Eric Bergeron
Chambre de commerce régionale de l’Estrie

Jean-Marie Perreault
Chambre de commerce régionale Gaspésie – Iles-de-la-Madeleine

Antoine Normand
Chambre de commerce régionale de Gatineau

Julie Labrecque
Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ)

Dominique Laverdure
Chambre de commerce régionale des Laurentides


Dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, les aéroports sont considérés comme des moteurs de développement économique. Ces infrastructures sont largement financées par les gouvernements, qui minimisent les taxes afin d’augmenter le trafic aérien et ainsi  générer d’importantes retombées économiques.

Au Canada, c’est tout le contraire. Depuis 1992, le gouvernement fédéral a cédé la plupart des aéroports à des municipalités et à des organismes à but non lucratif. Les administrations aéroportuaires devant s’autofinancer, elles refilent donc la note aux transporteurs aériens qui, à leur tour, la transfèrent aux voyageurs. Cela cause d’importants problèmes de compétitivité aux transporteurs canadiens. L’aéroport international de Plattsburgh, qui s’annonce ouvertement comme « l’aéroport américain de Montréal » (Montreal's U.S. Airport), est un exemple frappant de concurrence directe aux infrastructures canadiennes, et de pertes économiques engendrées par l’absence de support gouvernemental aux aéroports et transporteurs d’ici. 

La politique d’autofinancement des aéroports a des conséquences encore plus lourdes pour les aéroports en région qui n’ont pas un volume suffisant de passagers pour financer l’entretien et l’amélioration des infrastructures. Les frais imposés directement ou indirectement aux passagers deviennent carrément prohibitifs.

Au Québec, il y a 146 aérodromes de tailles très diverses. Les aéroports régionaux sont des infrastructures importantes, voire vitales, dans plusieurs communautés. En plus d’assurer le transit des voyageurs, des gens d’affaires et des touristes, certains aéroports sont indispensables pour des services essentiels, comme la lutte aux incendies de forêt, le sauvetage en mer ou l’approvisionnement en nourriture et biens de consommation courante des communautés isolées. Les aéroports sont également cruciaux pour l’exploitation de certaines ressources en régions éloignées. Par exemple, l’accès à un aéroport devient un critère déterminant dans la décision des investisseurs d’exploiter une mine ou une source d’énergie.

Il existe un programme fédéral d’aide aux immobilisations aéroportuaires qui peut contribuer à l’amélioration des infrastructures. Le Conference Board du Canada a analysé ce programme, qui n’a pas été revu depuis près de 20 ans, et formule des critiques sévères à son endroit : le programme ne répond pas aux besoins des petits aéroports, est d’accès difficile avec des procédures administratives très lourdes, et son budget a continuellement diminué depuis 1994.

La FCCQ ne réclame pas des investissements dans tous les aéroports locaux ou régionaux. Cependant, la FCCQ insiste pour que le gouvernement fédéral :

  1. s’assure que les infrastructures aéroportuaires dont il demeure propriétaire dans certaines régions soient entretenues et améliorées, lorsqu’elles contribuent significativement au développement de ces régions;
  2. révise le Programme d’aide aux immobilisations aéroportuaires dans une optique d’amélioration de la qualité des aéroports régionaux, d’expansion du service aérien dans les régions et de développement économique;
  3. offre des compensations aux administrations aéroportuaires, afin qu’elles puissent réduire ou éliminer les frais qu’elles imposent aux transporteurs et voyageurs des régions.

Dans un contexte où nous devons constamment nous adapter et innover pour faire face à une compétition de plus en plus féroce et globale, la FCCQ souhaite une modernisation des aéroports régionaux, favorisant ainsi l’accès à nos régions et le développement de projets porteurs et créateurs de richesse pour tous les Québécois.

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