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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le lundi 16 juin 2014

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec


La fin d’entente avec le secteur privé en santé : une volteface incompréhensible

La Ville de Lévis a adopté un règlement municipal qui lui accorde le droit exclusif de procéder à la collecte et au transport des matières organiques résiduelles sur son territoire. La Fédération ne peut passer sous silence les impacts de cette décision pour les entreprises privées qui se spécialisent dans la collecte et le traitement des matières organiques.

La fin des partenariats public-privé en santé, récemment annoncée par le gouvernement du Québec, est aussi surprenante que déconcertante. Non seulement cette volteface inattendue est contraire aux engagements électoraux, mais la complémentarité du privé au secteur public comportait des bénéfices non négligeables pour toutes les parties prenantes : pensons à l’amélioration de l’accessibilité des services de santé pour les citoyens, ou encore aux coûts plus compétitifs des cliniques privées comparés à ceux qui grèvent les instituts publics.

Au Québec, comme dans les autres provinces canadiennes, l’accès aux principaux services de santé est universel et gratuit, et il est fondamental que cela reste ainsi. Tous les citoyens ont le droit d’obtenir des services de santé de qualité.

Parallèlement, il nous appert important de rappeler que le recours au secteur privé dans le système de santé est compatible avec la gratuité du service et surtout le maintien de critères de qualité de service. Le développement du système privé ne se fait donc pas au détriment de la qualité de services attendus par les citoyens.. 

Les expériences vécues avec l’entente entre l’hôpital Sacré-Cœur et la clinique Rockland MD ainsi que celle unissant l’hôpital de Saint-Jérôme à l’Institut de l’œil des Laurentides sont fort révélatrices. Ces deux expériences, qui ont cours depuis plusieurs années et dont la qualité des services n'est pas en cause, ont permis de soigner davantage de patients tout en réduisant les listes d’attente, et ce, sans altérer l’accessibilité aux centres hospitaliers concernés. Bien au contraire, elles ont permis de désengorger un système qui en a bien besoin.

Dans le premier cas, en seulement huit ans, un peu plus de 13 000 patients du centre hospitalier Sacré-Cœur ont été traités à la clinique Rockland MD. Les bénéfices pour la gestion des fonds publics sont probants : les coûts unitaires de l’hôpital Sacré-Cœur pour les interventions comparables s’élèvent 2679 $ alors que pour la Clinique Rockland MD ils s’élèvent à 2456 $, une économie unitaire de 223 $ pour un total de 2,9 millions $ d’économies pour l’ensemble des patients traités dans la clinique au lieu qu’en milieu hospitalier.

Dans le deuxième cas, depuis 2010, ce sont plus de 60 000 patients par année qui ont pu avoir accès aux soins de l’Institut de l’œil des Laurentides sans engorger les centres hospitaliers de la grande région des Laurentides. De toute évidence, ces hôpitaux ne seront pas en mesure d’absorber la clientèle dès le 1er juillet. Ils devront faire preuve d’une grande créativité pour traiter les patients sans allonger davantage leur liste d’attente.

Dans ces deux cas, l’incompréhension est totale : on remplace un système qui fonctionnait par un système qui est fortement sous pression. Les patients auront le choix entre de longues files d’attente au public ou des coûts plus élevés pour se faire soigner au privé.

Ces expériences sont encore la preuve que la collaboration entre le public et le privé en santé est incontournable, puisque le secteur privé est un complément utile au public, en raison des délais restreints et des coûts modérés. La volteface du gouvernement du Québec va à l’encontre de la recherche d’efficacité et d’efficience dans un réseau qui a besoin de l’appui du privé. La démonstration de cette synergie est démontrée, il faut l’encourager et non pas la freiner.

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