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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le lundi 22 avril 2013

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec


Importation du pétrole albertain

Le Québec n’a pas besoin d’une autre chasse aux sorcières

Dans un article paru dans La Presse du 22 avril, le journaliste Joël-Denis Bellavance, faisant état d’un sondage d’opinion pancanadien mené par la firme Nanos Research, laisse sous-entendre que les Québécois sont défavorables à l’idée de faire venir au Québec le pétrole de l’Alberta. FAUX. La Fédération des chambres de commerce du Québec a pris connaissance dudit sondage et se sent dans l’obligation de remettre les pendules à l’heure afin que le public ait l’heure juste sur ce sujet et qu’on ne commence pas une autre chasse aux sorcières.

Premièrement, M. Bellavance rapporte les résultats d’un sondage pancanadien; l’échantillon de répondants pour le Québec varie, selon la question, entre 212 et 254 répondants, ce qui est loin d’être suffisamment représentatif (on analyse normalement les réponses d’un échantillon d’au moins 1000 personnes). Avec un si petit échantillon, la marge d’erreur est légèrement supérieure à 6 %, ce qui est énorme. Donc, la réalité aux questions posées aux Québécois se situe quelque part entre -6 à + 6 % des résultats obtenus.

Deuxièmement, le document ne rapporte à aucun moment une opposition des Québécois au projet de pipeline. Au contraire, selon les résultats :

  • 48 % des Québécois (donc de 42 à 54 % si l’on suit le raisonnement précédent) ont un jugement positif quant au projet Keystone;
  • 58 % sont favorables à un appui du gouvernement canadien au projet Keystone;
  • La sécurité énergétique est importante pour 71 % des Québécois.

Troisièmement, la question posée par Nanos demande aux répondants de choisir entre la réduction des GES et l’indépendance énergétique… de l’Amérique du Nord (et non du Québec). Quand on connait moindrement la fibre patriotique d’un fort pourcentage de Québécois, on voit bien que cette question ne peut porter à l’interprétation qui en est donnée par l’article de La Presse.

Si on veut avoir des chiffres statistiquement valables par rapport à cette question, il faut plutôt se rapporter à un sondage d’opinion mené en décembre dernier pour la FCCQ par la firme CROP (avec un échantillon de 1000 Québécois). Dans ce sondage effectué pour mesurer l’appui des Québécois au projet d’oléoduc d’Enbridge : plus de 7 Québécois sur 10 (71 %) se disaient favorables à l’idée de faire venir le pétrole albertain au Québec. De plus, 76 % disaient choisir le pétrole des sables bitumineux plutôt que le pétrole importé d’Afrique du Nord (24 %). Le sondage nous apprenait aussi que 79% des Québécois étaient d’accord avec le constat que le projet permettrait au Québec d’atteindre l’indépendance énergétique du pétrole d’Afrique et Moyen-Orient.

En tant qu’organisme de promotion économique, la Fédération est déçue de constater qu’on puisse publier un article rédigé avec si peu de rigueur sur un enjeu d’une importance aussi capitale pour le Québec. Il est contreproductif de diaboliser ainsi des projets qui pourraient non seulement contribuer à notre essor économique, mais qui seraient en plus en mesure de garantir notre indépendance et notre sécurité énergétique. Il est tout aussi clair pour nous que le développement des projets doit se faire dans le plus grand respect de l’environnement et des communautés concernées, sans quoi il n’y aurait pas de développement durable. Et, dans le même esprit, les uns ne doivent pas se faire au détriment du pilier économique, qui est tout aussi central.

On veut léguer aux générations futures un monde en santé, autant au niveau de son environnement que de son économie. Mais afin d’assurer la prospérité, le gouvernement doit faire du développement des ressources naturelles une priorité du développement économique.

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