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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le mercrdi 29 février 2012

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec


Sureglementation

Taxer et interdire plutôt que prôner la modération

La Coalition Poids et ses partenaires entendent s’attaquer au problème de l’obésité. Les
gens sont obèses notamment parce qu’ils consomment trop de boissons gazeuses, dit-on.
Il faut donc diaboliser ces produits, leur imposer des taxes élevées et les interdire dans
certains milieux. On songe à cibler également les croustilles et grignotines, et même à
proposer un âge minimal pour donner des bonbons aux enfants.

La modération a meilleur goût, semble-t-il, mais aux yeux de certains elle ne produit pas
suffisamment de résultats. Il est préférable, selon eux, de surtaxer, de réglementer à
outrance, voire même d’interdire la vente ou la consommation de certains produits parce
qu’ils sont susceptibles de nuire à la santé.

Les boissons gazeuses et les croustilles n’empoisonnent personne. Ce sont des produits
qui circulent librement partout dans le monde. Bien sûr, il y a des gens qui en abusent,
mais pourquoi punir tout le monde pour le choix de certains !

Il y a des gens convaincus que la viande est peu recommandée pour la santé. Des
chercheurs ont en effet établi une corrélation entre certaines maladies coronariennes et
l’excès de consommation de viande rouge. Et puis il y a le gras trans, le chocolat, les
pâtisseries, le pain blanc, les pommes de terre… Et que dire des alcools ! Et des fromages
à 40 % et plus de matière grasse ! Bref, il y a sur les tablettes des supermarchés mille et
un produits que certains considèrent potentiellement nuisibles à la santé.

C’est bien sûr l’excès qui, en ces matières comme en toute chose, pose problème. La
modération, c’est un comportement qu’il faut chercher à répandre. Et ça, c’est une affaire
d’éducation. Évidemment, c’est plus compliqué : il est plus difficile de convaincre que
d’interdire.

Mais puisqu’on ne peut pas tout interdire, pourquoi cibler quelques produits et en faire
des boucs émissaires ! Revenons au cas de l’obésité. Il s’agit d’un problème important et
multifactoriel. Ce n’est pas en surtaxant les boissons gazeuses qu’on va le régler. Ces
produits sont déjà frappés d’une taxe de vente de 14,98 % au Québec. Ajouter une
nouvelle taxe ne fera qu’augmenter le coût du panier d’épicerie de certaines familles,
sans s’attaquer au fond du problème.

Et puis, une fois qu’on a appliqué une surtaxe aux boissons gazeuses, pourquoi s’arrêter
là ! Petit à petit, on en vient à appliquer la TPS, la TVQ ou une taxe spécifique à un
segment encore plus grand de l’alimentation.

Le gouvernement du Québec emprunte lui-même la voie de la modération avec les
produits qu’il vend à la Société des alcools et à Loto-Québec. Comment pourrait-on avoir
une tout autre approche lorsqu’on n’est pas soi-même propriétaire de « commerces »,
mais simplement percepteur de taxes ?

Nous demandons au ministre des Finances de ne pas succomber au lobby des tenants de
la surréglementation et de la discrimination fiscale.

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