Accueil | English | Nous contacter
Archives: 2006 - 2007 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2014 - 2015 - 2016
Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le lundi 20 juin 2011

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec


Veut-on encore du développement économique

Si l’heure est au bilan de fin session à l’Assemblée nationale, elle l’est également pour la communauté d’affaires. Rarement nous avons vu autant d’interventions gouvernementales touchant l’exploitation des richesses naturelles être effectuées en une seule et même session. À cet égard, l’approche préconisée semble traduire une volonté de confier le développement de nos richesses collectives au milieu régional. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se questionne sur cette façon de faire qui, à notre avis, va à l’encontre de la notion de propriété collective des ressources naturelles.

Quand on juxtapose le projet de loi 14 qui permet aux MRC de soustraire l’exploration minière dans des zones dites de villégiature tout en instaurant un autre processus de consultation, le rapport du BAPE sur les gaz de schiste qui recommande de donner aux municipalités le droit de refuser l’exploration et l’exploitation énergétique, le projet de loi 82 qui accorde aux municipalités et aux MRC la possibilité de décréter un paysage patrimonial à préserver et l’avant-projet de loi sur l’aménagement durable du territoire et l’urbanisme qui accorde aux MRC des pouvoirs en matière de développement durable, il est extrêmement difficile de continuer d’avoir foi au développement économique du Québec.

Nous comprenons et respectons la prise en compte des spécificités des communautés locales. Mais il existe une disproportion dans le débat public quant au nombre de voix qui s’expriment respectivement en faveur et contre un projet de développement économique.

Ce qui nous rendait fier jadis tel que le harnachement de grandes rivières ou notre puissance minière, est devenu systématiquement contesté. Le syndrome du « pas dans ma cour » gagne de plus en plus de communautés, parfois même au détriment de projets bénéfiques pour l’environnement, tel que celui d’énergie éolienne à St-Valentin.

À nos yeux, la notion d’acceptabilité sociale ne doit pas être interprétée comme une façon de permettre à une minorité ou à des groupuscules organisés de bloquer les projets industriels. La prévisibilité est essentielle au développement de notre économie. Nous reconnaissons qu’il doit exister des règles environnementales et sociales d’encadrement du processus d’acceptation des projets. Cependant, celles-ci doivent être connues, standardisées et cohérentes. Il est impératif pour une entreprise de mesurer ses risques et l’influence de ceux-ci sur ses investissements, afin de prendre les bonnes décisions, tout comme pour  la population d’être adéquatement informée et de connaître à l’avance quand elle sera entendue.

Il revient à l’autorité centrale d’imposer les balises au développement, car c’est elle qui détient les ressources, l'expertise et l’accès a toute l'information pertinente. C’est elle enfin qui possède une vision de l'ensemble des grands enjeux et à qui revient le rôle d’arbitre. La Fédération milite en faveur de mesures claires pour les investisseurs afin d’éviter des embûches inutiles, des risques de moratoires ou des incertitudes qui auraient pour effet de les faire fuir ailleurs. Nous espérons du gouvernement qu’il exerce le leadership voulu pour déterminer le cadre et le processus nécessaires pour préserver l’intérêt collectif.

Version PDF


  SUIVEZ-NOUS!