Manifestation du 12 mars de l’Alliance sociale
L’Alliance irresponsable!
Samedi, un regroupement se mobilisera pour dire au gouvernement du Québec que le retour à l’équilibre budgétaire n’est pas urgent et que pour combler le déficit, il n’y a qu’à demander aux entreprises et aux riches de contribuer davantage.
Cette analyse tient de la part du rêve, celui d’un état et d’entreprises aux coffres sans fond. La réalité est tout autre et les chiffres sont clairs : les entreprises, si elles veulent continuer de créer de la richesse, ne peuvent contribuer davantage qu’actuellement.
Redistribuer quoi?
La création de richesse nécessite des entreprises québécoises plus fortes. Si par des charges sociales et des impôts trop élevés on les empêche de croître et d’investir pour innover, elles ne pourront plus contribuer à l’enrichissement collectif des Québécois et, ultimement, de maintenir nos programmes sociaux. Deux fois moins de gens désirent se lancer en affaires ici qu'ailleurs au Canada et nos petites entreprises sont encore taxées au double de la moyenne canadienne.
Les entreprises sont prêtes à assurer la croissance économique et à prendre la relève des gouvernements qui avaient investi massivement dans les infrastructures pour limiter l’impact de la crise. Il faut leur en laisser la chance. On ne peut redistribuer l’argent que l’on ne crée pas et que l’on n’a pas.
Quels riches?
C’est plus de 40% des Québécois qui ne paient pas d’impôts. Il y a approximativement 6 millions de contribuables au Québec. Parmi eux, seulement 3,2% - soit à peine 190 000 personnes – ont des revenus de plus de 100 000$ par année. Elles assument déjà près de 30% de l’impôt aux particuliers et sont déjà plus taxées qu’ailleurs en Amérique du Nord. Cela représente aujourd’hui 68% de plus qu’en 1986. On ne peut sincèrement leur demander de contribuer davantage et si on le faisait, on serait loin du Québec idéal rêvé par l’Alliance.
Quoi faire alors?
Avec le dernier budget, le gouvernement a probablement atteint la limite de ce qu’il peut demander aux entreprises et aux individus. S’il veut continuer d’encourager la croissance et d’offrir ses services, il ne peut que revoir profondément son organisation et restreindre ses dépenses. Pour nous, il faut atteindre l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Cet enjeu préoccupe d’ailleurs grandement plus de 85 % des PME du Québec.
Les revenus du gouvernement ne dépendent pas seulement de l’impôt des sociétés. Un appui mieux ciblé aux entreprises peut engendrer plus de revenus qu’un impôt supplémentaire.
À ce titre, nous demandons depuis longtemps au gouvernement une structure des finances publiques productive et compétitive, un climat d’affaires propice à l’innovation et à la productivité et un plus grand soutien à la relève entrepreneuriale.
En appuyant correctement les entreprises, tout le monde y gagnera : les syndiqués, les groupes communautaires, les entreprises, les citoyens, bref, l’ensemble de la collectivité.
Françoise Bertrand
Fédération des chambres de commerce du Québec
Yves Thomas Dorval
Conseil du patronat du Québec
Martine Hébert
Fédération canadienne des entreprises indépendantes
Michel Leblanc
Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Éric Paquette
Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec
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