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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le mercredi 10 février 2010

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec

 

Pour redresser l’économie du Québec

Une obsession collective : la productivité No 3 de 3

Dans son prochain budget, Québec doit viser trois cibles pour redresser l’économie : redresser les finances publiques, investir dans l’éducation et stimuler la productivité. Nous n’avons plus les moyens d’attendre.

Malgré une sortie de récession relativement moins difficile qu’ailleurs, ces résultats ne sont aucunement garants du futur. Le Québec doit impérativement renverser une tendance de plus en plus lourde : la faible productivité de son économie. Les autres provinces canadiennes et les États-Unis avancent plus vite que nous, font davantage de progrès, année après année, leurs citoyens s’enrichissent davantage. En somme, nous reculons dangereusement. (En 2008, le PIB par habitant au Canada était plus élevé de 9 000 $ que celui du Québec et 60% de cet écart est attribuable à la faible productivité de notre économie).

Notre économie étant très ouverte sur le monde, un emploi sur trois dépend de nos exportations. Nous vendrons à nos voisins seulement si nos produits sont de meilleure qualité et coûtent moins cher. Les règles sont aussi simples que brutales. Personne ne nous fera de cadeau.

S’attaquer aux causes
Il faut donc s’attaquer de toute urgence aux causes de notre productivité anémique. Contrairement à d’autres économies, nous ne pouvons pas compenser cette faiblesse par une forte augmentation de la population ou par un niveau élevé de consommation sur notre propre marché.

Premièrement, il importe de concentrer les mesures d’aide aux entreprises sur l’incitation à l’achat de machines et d’équipement et sur l’innovation plutôt que de poursuivre le saupoudrage actuel. Les entreprises doivent investir davantage dans la machinerie moderne et les équipements performants, c’est la condition du succès.

Deuxièmement, l’innovation est un autre maillon faible. Nous avons beaucoup de bons chercheurs, mais leurs découvertes restent dans les laboratoires, elles ne sont pas commercialisées. Afin d’être plus compétitif et créer plus de richesse, il est primordial de rapprocher la R&D de l’innovation et ultimement de la commercialisation

Troisièmement, il faut rendre notre main-d’œuvre plus qualifiée, thème que nous avons abordé dans les articles précédents.

L’État doit devenir plus productif
Le défi de la productivité s’adresse aussi à la gestion de nos services publics.  Nous ne pouvons diriger une part importante de nos ressources dans les services publics sans en garantir la gestion optimale. Nous devons aussi y chercher des gains de productivité. Grâce aux technologies et à l’organisation efficiente du travail, nous pouvons offrir des services publics de qualité à meilleur coût, sans que l’on doive pour autant rogner sur les conditions de travail des employés.

Dans l’avenir, nous serons riches si notre productivité est élevée. Sinon, nous sommes condamnés à nous appauvrir et à laisser à nos enfants une société moins riche que celle que nous connaissons.  À nous de choisir. Mais n’attendons pas.

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