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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le vendredi 11 juin 2010

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec

 

L’innovation biopharmaceutique :

Une autre façon de réduire les coûts de la santé 

Par les temps qui courent, tous recherchent des façons de réduire les coûts de notre système de santé qui accapare 45 % du budget du gouvernement. À court terme, il faut bien sûr réorganiser le travail, alléger les structures et faire plus de place à l’initiative privée. Mais il faut aussi chercher des solutions qui, à long terme, amélioreront à la fois la santé des personnes et la performance de notre système.

Certains proposent le recours systématique aux médicaments génériques, qui coûtent  moins cher à l’achat. Bien qu’intéressante à première vue, cette solution aurait des impacts négatifs significatifs sur notre industrie biopharmaceutique, sur la recherche et sur l’innovation faites ici. Parce que de la recherche, les fabricants de médicaments génériques en font peu.

Une des façons de contrôler les coûts en santé est d’agir au début de la chaîne de traitement. Faire la promotion de saines habitudes de vie est assurément nécessaire, mais c’est insuffisant. Le thé vert ne peut pas grand-chose contre les métastases. Toutefois, des traitements et des médicaments innovateurs et efficaces pour les patients peuvent nous aider à la fois à réduire les coûts et à améliorer la qualité de vie de nos concitoyens. Malheureusement, la recherche coûte très cher et tous les téléthons du monde ne réussiront pas à fournir tout le financement nécessaire.

Voilà un secteur de notre économie que nos gouvernements doivent encourager. En plus de soigner les gens et de favoriser une réduction des coûts, le secteur de la recherche et de l’innovation biopharmaceutique est un moteur puissant de création de richesse. Ce secteur fournit des emplois de haut niveau, pour lesquels la rémunération est supérieure de 55 % à celle de l’ensemble de la société québécoise. En misant beaucoup sur la recherche et le développement, cette industrie à des répercussions positives sur plusieurs autres secteurs de notre économie. Par ailleurs, cette industrie est basée sur la découverte donc sur le risque. Ainsi, assurer un cadre d’affaire prévisible et le plus stable possible est quelque chose de primordial pour une société voulant profiter de l’apport de ce secteur. Même les sommes investies dans des produits non commercialisés permettent souvent de faire avancer la recherche pour d’autres produits, qui eux auront des retombées économiques importantes.

Le secteur biopharmaceutique innovant est très compétitif. Plusieurs états à travers le monde font des pieds et des mains pour attirer les compagnies de ce secteur et avec elles les nombreuses retombées qui s'en suivent. Nous en avons une bonne concentration au Québec, mais l’avantage concurrentiel que détenait l’industrie il y a 10 ans s’est érodé avec le temps. Pas besoin d’aller bien loin, l’Ontario, par exemple, tente de diversifier son économie en adoptant des stratégies agressives pour attirer ces entreprises.

Il est plus que normal que l’on regarde toutes les facettes du système de santé si l’on désire l’optimiser. Mais notre vision doit aussi être à long terme et global. Il ne faudrait surtout pas se priver indûment du levier économique que représentent les entreprises biopharmaceutiques innovatrices en se basant sur de mauvaises prémisses. Ce serait littéralement se tirer dans le pied.

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