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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le mardi 21 décembre 2010

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec

Des entrepreneurs pris en otage

Il est heureux de voir qu’à la veille du congé des Fêtes, le conflit opposant le gouvernement du Québec et l’Union des producteurs agricoles (UPA - le syndicat des agriculteurs) soit terminé. Les amateurs de motoneige, dont plusieurs visiteurs étrangers, pourront donc s’adonner librement à leur sport en ayant accès à toutes les régions du Québec.

Le comportement de l’UPA dans ce conflit était inacceptable. Afin de régler une question d’assurance-récolte qui touchait strictement le gouvernement et les agriculteurs, le syndicat a choisi de s’attaquer à une tierce partie qui n’avait rien à voir dans le conflit, soit les PME  - hôtels, restaurants, stations d’essence et garages, détaillants – qui vit de l’industrie de la motoneige. Dans plusieurs régions du Québec, certains de ces commerces étaient même menacés de fermeture si le conflit perdurait.

Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur la nature du conflit entre l’UPA et le gouvernement, qui est de toute manière réglé. Dans nos sociétés démocratiques, l’usage de moyens de pression en période de négociation est reconnu. Toutefois, lorsque la stratégie retenue met en péril le gagne-pain de milliers de Québécois, voire de l’industrie touristique de plusieurs régions, nous sommes en droit de nous interroger sur la légitimité de ces moyens de pression.

Le ministre Gignac du Développement économique a parlé de « prise d’otage économique » et on l’en a blâmé. Le mot n’était pourtant pas trop fort. Ceux qui, à l’UPA, ont retenu ce moyen de pression et qui se prétendent syndicalistes ont fait preuve de bien peu de solidarité en prenant en otage des entrepreneurs comme eux qui, comme eux également, ont besoin des revenus de leurs petites entreprises pour faire vivre leur famille.

Pis encore, l’attitude de l’UPA aura certainement eu pour effet de briser des solidarités locales et régionales, établies de longue date. Les rebâtir demandera temps et énergie. Le développement économique est une affaire de productivité et de développement de marché, on le sait. Mais pour que ça fonctionne, il faut la collaboration de tous les milieux, de tous les secteurs d’activité et de tous les organismes intéressés par la croissance de la richesse.

On ne peut tenir un double discours et demeurer crédible. On ne peut à la fois se considérer comme entrepreneur et se réclamer d’une action syndicale qui nuit à d’autres entrepreneurs. Une telle arrogance vient peut-être de la position de monopole qu’exerce l’UPA sur toute l’industrie. La question est légitime.

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