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Les lettres ouvertes

Montréal, le vendredi 8 mai 2009

Lettre d’opinion : L’industrie pharmaceutique québécoise
a besoin d’un traitement choc!
Par
Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale

 

L’industrie pharmaceutique québécoise a besoin d’un traitement choc!

L’industrie pharmaceutique québécoise emploie directement 16 000 personnes et sa production a une valeur de 1,4 milliard $ par année. La concentration de cette industrie au Québec – et en particulier à Montréal – a permis la constitution d’une masse critique qui favorise la venue au Québec de chercheurs de haut niveau et d'autres industries du même secteur. Il est toutefois inquiétant de constater qu’au cours des 5 dernières années, ce secteur d’activité s’est délesté de 1 800 travailleurs et que son poids dans le PIB a diminué.

L’économie mondiale vit sa récession la plus sévère depuis l’Après-guerre. Actuellement, de par le monde, les multinationales révisent leurs plans d’investissement et choisissent les futurs sites où ils consolideront leur production. Les filiales de multinationales en sol québécois sont ainsi en compétition à l’intérieur même de leur groupe pour conserver et attirer des investissements.

Cette concurrence est particulièrement forte dans l’industrie pharmaceutique qui est en pleine restructuration depuis quelques années déjà, notamment à cause d’une montée vertigineuse des coûts de développement, d’une diminution importante du remboursement de leurs produits et l’expiration de brevets sur plusieurs médicaments vedettes qui entraîne l’arrivée de médicaments génériques.

Afin de conserver ces multinationales pharmaceutiques en sol québécois et attirer celles qui songent à s’y installer, le Québec doit se doter d’une vision gouvernementale cohérente et de long terme pour cette industrie innovante qui investit des sommes colossales en recherche et développement. En effet, alors qu’il représente moins du quart de la population canadienne, le Québec accapare près de la moitié des investissements en R&D du secteur pharmaceutique canadien.

Il y quelques temps, en conciliant ses vues et ses programmes dans sa Stratégie de développement de l’industrie aéronautique, le gouvernement est parvenu à maintenir la position avantageuse de l’industrie aéronautique québécoise et à assurer sa prospérité. Une semblable vision doit être développée pour l’industrie pharmaceutique. C’est exactement le genre d’initiative qui permettrait au Québec de se démarquer. À l’étranger, l’industrie pharmaceutique a un accès au financement encore plus limité et a des carnets de commandes encore moins garnis. Il y a là une opportunité pour nos entreprises de se démarquer pendant que leurs concurrents sont affaiblis, particulièrement si le gouvernement du Québec s’efforce à leur créer un environnement économique favorable et prévisible. Être proactif et saisir l’occasion, c’est tout ce qu’il faut!

Le moment ne pourrait être mieux choisi pour dévoiler une telle stratégie que le BIO International Convention 2009, le principal rendez-vous international dans le secteur biopharmaceutique qui aura lieu du 18 au 21 mai prochains à Atlanta.
Messieurs Charest et Bachand devraient y être puisque voilà pour eux une excellente tribune pour rendre publique une telle politique. L’Ontario elle, y sera.

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