Mine d’or à Malartic :
Pourquoi s’opposer à la volonté de la population et de ses représentants?
Du haut de son mépris, le chanteur Richard Desjardins traite les élus de Malartic et de l’Abitibi-Témiscamingue de « petits rois nègres locaux » pour avoir appuyé le projet de mine aurifère dans cette ville. ¹
N’a-t-il pas vu, en se rendant aux audiences les nombreuses façades placardées des commerces de Malartic, de même que ses infrastructures détériorées? Une nouvelle dignité, voilà bien davantage ce que recherche la très grande majorité des résidents de cette ville, et c’est pour cela qu’ils appuient le projet, tout comme les élus locaux et régionaux. Et cela, ça vaut de l’or!
Malartic est une ville de 3800 habitants qui dépérit tranquillement depuis la fermeture de l’ancienne mine d’or East Malartic en 1982 et de la scierie Domtar en 2005. On y retrouve une population qui vieillit plus rapidement qu’ailleurs. Les beaux discours sur les modèles alternatifs de développement donnent bonne conscience mais s’avèrent inefficaces. Malartic a été fondée pour exploiter une ressource naturelle, ici un gisement d’or. Enlevez cette raison d’être économique et la ville finira par fermer, en dépit de toutes les subventions au titre de la diversification.
Devant cette réalité, lucides, la presque totalité des élus locaux et régionaux ont appuyé le projet. Au moins 90 % des propriétaires de résidences affectées ont déjà conclu une entente de gré à gré avec le promoteur Osisko. Ils déménageront de l’autre côté de la ville, dans un quartier flambant neuf, où le coût des infrastructures (école, CPE…) sera assumé par la mine. Ces ententes ont été conclues depuis la fin 2007; c’est dire le sérieux que représente le projet aux yeux des propriétaires.
Comme toutes les mines, celle de Malartic aura une durée de vie limitée dans le temps : une dizaine d’années jusqu’à épuisement du gisement. L’espoir, c’est que pendant ce temps, le promoteur Osisko, de même que les entreprises qui gravitent autour des minières, développe une expertise qui pourra ensuite être valorisée ailleurs, y compris à l’étranger. C’est ainsi que le génie-conseil québécois s’est développé dans la foulée des grands projets hydroélectriques. Voilà comment l’Abitibi-Témiscamingue peut exporter ses talents en plus de son minerai. Voilà comment un projet minier peut contribuer au développement durable.
À la faveur de la hausse du prix de l’or, Osisko a réussi à lever 403 millions CAD sur le marché des capitaux privés. Un exploit par les temps qui courent! Le promoteur a réussi ce tour de force car le projet est bon : son seuil de rentabilité, établi à 319 USD l’once, le situe dans le premier quart des sites les moins coûteux de la planète. Voilà pourquoi le projet suivra son cours même si le prix de l’or redescend. Le véritable risque auquel il fait face, c’est que des délais d’autorisation compromettent les levées de fonds à venir.
En ces temps plus difficiles, alors que les projets d’investissement privé se font rares, ne gaspillons pas cette chance de relancer Malartic et sa région.
¹ "Comment le gouvernement peut-il juger que ces audiences sont crédibles s'il permet le déménagement de maisons, a-t-il demandé lors d'une entrevue téléphonique. Sur 200 maisons, 60 ont déjà été déménagées avec l'aval des petits rois nègres locaux, les maires, la chambre de commerce, le conseil régional des élus.", cité par la Presse canadienne, le 16 avril 2009
Version PDF
|