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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le mercredi 10 juin 2009

Lettre ouverte de Mme Françoise Bertrand
Présidente-directrice générale
Fédération des chambres de commerce du Québec

 

Notre système public de santé :

Tous nos préposés sont occupés, demeurez en ligne...

Syndicalistes et politiciens s’en sont donné à coeur joie lors des consultations sur le projet de loi 34 qui resserre l’encadrement des cliniques privées de soins de santé. Avec ce projet de loi, le ministre Bolduc semble vouloir faire volte-face par rapport à la direction adoptée par son prédécesseur. Un projet de loi qui, selon nous, pourrait freiner les investissements nécessaires au développement des cliniques privées et qui, par conséquent, pourrait limiter l’accès à long terme des Québécois aux soins de santé.

Pour certains syndicalistes, ces cliniques seraient la principale raison pour laquelle médecins et infirmières quittent le système public. Quels mauvais praticiens feraient-ils! Au lieu de s’attarder au problème, soit les piètres conditions de travail, ils s’attaquent à la solution que trouvent les médecins et les infirmières devant les symptômes d’épuisement professionnel.

Pour d’autres politiciens, le recours aux cliniques privées ouvrirait la porte à un système à double vitesse et compromettrait la qualité, l’accessibilité et la gratuité de notre système de santé. Au lieu de s’attarder à l’exercice pédagogique nécessaire pour «démoniser» les cliniques privées auprès de la population, ils choisissent le moindre effort et les gains politiques à court terme en adoptant la stratégie de l’épouvantail. Qui plus est, ils se ferment les yeux devant la dure réalité des chiffres et invitent la population à en faire autant.

La précarité des finances publiques et le rythme de croissance des dépenses de santé sont irréconciliables. Pour retourner à l’équilibre d’ici cinq ans, le gouvernement devra : maintenir la croissance des dépenses à 3,2 %, augmenter la TVQ, indexer le prix des services publics, combattre l’évasion fiscale et... inventer d’autres mesures pour dégager 3,8 milliards de dollars. Puisque la santé engloutit déjà la moitié des dépenses du gouvernement et que son coût augmentera de 5,8 % par année, ces objectifs sont pratiquement irréalistes. Les dépenses totales du gouvernement ont crû de 4,5 % par année au cours de la dernière décennie.

Soyons réalistes, au rythme où se détériorent les finances publiques et où s’accroissent les dépenses de santé, notre système de santé public pourra difficilement assurer à lui seul la prestation de l’ensemble des services de soins de santé.

Si le projet de loi 34 se contentait d’offrir un meilleur encadrement législatif et des standards rigoureux afin d’assurer le bon développement des cliniques privées, les intervenants du secteur seraient ravis. Malheureusement, il donne plus de pouvoirs discrétionnaires au gouvernement quant à l’émission et la révocation des permis d’exploitation et resserre les règles de propriété de façon à ce que les cliniques privées soient contrôlées uniquement par des médecins.

Afin de garantir au Québécois un accès à des soins de qualité aux moments opportuns et d’accroître la performance du secteur public par le biais de l’émulation, le gouvernement doit maintenir et permettre le développement des cliniques privées. Pour cette raison, il est important que ce projet de loi ne vienne pas, par un excès d’encadrements, nuire au financement et au développement de celles-ci.

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