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Fédération des chambres de commerce du Québec
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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le jeudi 1 janvier 2009

Lettre d’opinion de Mme Françoise Bertrand
Présidente-directrice générale

 

Non au protectionnisme des années 30, oui au libre-échange

Le plan de relance du gouvernement américain risque de réveiller les vieux démons du protectionnisme chez nos partenaires commerciaux.

L’histoire l’a démontré lors de la crise des années 30, le recours aux mesures protectionnistes ne protège pas les économies nationales. En fait, lorsque les gouvernements jouent la carte du protectionnisme, ce sont les économies de tous les pays qui s’en trouvent perdantes. Dès qu’un pays commence à protéger indûment quelques-unes de ses industries, les autres réagissent en levant à leur tour des barrières commerciales. Ironie du sort, en fin de compte, c’est l’ensemble des industries du pays investigateur qui écope.

Le Chambre des représentants a adopté mercredi dernier le projet de loi constituant le plan de relance de la nouvelle administration Obama, le Recovery Act. Ce projet de loi contient des dispositions qui limitent l’approvisionnement d’acier et de fer nécessaire aux projets d’infrastructure du plan de relance aux entreprises américaines. Rappelons que le Canada exporte près de 40 % de sa production d’acier aux États-Unis. Indéniablement, cette disposition sera dommageable pour les régions du Québec dont l’économie se base en grande partie sur le secteur minier et l’industrie de la transformation des métaux.

La FCCQ est d’autant plus inquiète que le Sénat américain — qui doit également donner son aval au projet de loi — songe à le modifier afin d’y inclure d’autres dispositions limitant l’approvisionnement de produits manufacturés et de technologies de l’information aux entreprises américaines. La Chambre de commerce du Canada a aussi exprimé une inquiétude semblable. La très influente Chambre de commerce des Etats-Unis a également dénoncé ces mesures protectionnistes. Nos entreprises se trouveraient ainsi exclues des projets du plan de relance américain. Un dur coup pour notre économie qui est déjà durement affectée par la récession américaine.

Plusieurs des entreprises membres des chambres de commerce du Québec sont en constante relation avec des partenaires commerciaux américains et participent activement aux marchés d’approvisionnement américains. De même, la Fédération des chambres de commence a développé au cours des années des partenariats durables avec les états américains limitrophes au Québec. Elle est à cet égard l’investigatrice des corridors de commerce Québec-New York, Québec-Vermont et Québec-New Hampshire.

Ce qu’il nous faut, c’est un leadership fort et prompt de la part de nos politiciens nationaux et provinciaux. La crise économique est mondiale et requiert une action concertée des gouvernements de l’ensemble des pays et états industrialisés. Puisque le Canada et le Québec sont fortement tributaires du commerce international, nous avons tout à gagner d’un renforcement de l’attachement de l’ensemble des gouvernements – particulièrement américains! – aux marchés concurrentiels et ouverts. Comme investigateur du G-20, le gouvernement canadien est, selon nous, bien positionné pour jouer un rôle de leader dans la planification et la coordination des actions des pays du G-20. Les gouvernements des pays industrialisés ne doivent pas agir de façon isolée et user de mesures protectionnistes, car les effets collatéraux de telles mesures dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui seront considérables.

La FCCQ continuera à défendre les intérêts de ses membres et d’appuyer nos gouvernements dans la défense d’une économie ouverte et libre échangiste.

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