Les lunettes roses de nos chefs syndicaux
Nos chefs syndicaux entreprennent une tournée du Québec pour mobiliser les fonctionnaires autour d’une demande d’augmentation de salaire moyenne de 11,5 % sur trois ans. Le gouvernement consacre déjà près de 30 milliards $ à payer ses fonctionnaires. Les demandes syndicales viendraient augmenter ce chiffre de 3,2 milliards $.
Alors que le gouvernement et les entreprises du Québec commencent à peine à se relever de la pire récession qu’a connue le Québec depuis les années 80, une telle demande tient de l’inconscience. Les finances publiques ne le permettent pas et notre dette est déjà astronomique, soit plus de 130 milliards $.
Dans un contexte où notre population tend à diminuer, limitant ainsi l’augmentation des dépenses de consommation, seule une augmentation de nos exportations et surtout, de notre productivité peut nous sortir de la spirale du « déclin tranquille » dans lequel le Québec est engagé et dont parlait récemment l’ancien député François Legault. À ce titre, notre fonction publique a encore bien du chemin à faire pour augmenter son efficience.
Il faut réduire les dépenses du gouvernement
Du même coup, le discours syndical s’oppose à la compression des dépenses publiques que veut faire le gouvernement.
Pendant dix ans, le gouvernement du Québec s’est astreint des budgets équilibrés. Cette rigueur est devenue intenable dans le contexte économique de la dernière année. On le comprend. Mais il faut éviter d’épouser la pensée magique selon laquelle le retour aux budgets sans déficit se fera tout seul, sans qu’il faille réduire nos dépenses ni augmenter les impôts.
Les syndicats d’aujourd’hui ont peut-être choisi de continuer à vivre aux dépens des générations futures de travailleurs. C’est un choix que le gouvernement de Québec a refusé de faire et la Fédération des chambres de commerce du Québec l’appui sans réserve.
À cause des difficultés de notre économie, cette année comme pour les années à venir, plusieurs des entreprises du Québec – dont plus de 95 % sont des PME, rappelons-le – ne pourront accorder qu’un rajustement au coût de la vie à leurs travailleurs.
Si ceux qui prétendent représenter 40 % des travailleurs du Québec (dont le tiers est de la fonction publique) avaient vraiment à coeur l’intérêt de toute notre collectivité, c’est plutôt dans cette direction qu’irait leur négociation.
Le président de la FTQ affirme ne pas vouloir mettre le Québec à l’envers avec des débrayages. Exiger une augmentation de salaire de 11,25 % des fonctionnaires du gouvernement du Québec fera bien pire.
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