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Fédération des chambres de commerce du Québec
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Salle de presse
Les lettres ouvertes

Montréal, le mardi 2 juin 2009

Lettre d’opinion de Mme Françoise Bertrand
Ex Présidente du CRTC de 1996 à 2001

Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec

 

Il faut rétablir l’équité et la libre concurrence entre les médias

Personne ne contestera que depuis 10 ans, nos médias se sont complètement transformés. La multiplication des chaines spécialisées est venue fragmenter les auditoires et les revenus publicitaires. Internet est devenu un média de masse et la disponibilité de la haute vitesse a rendu possible le téléchargement de films, de musique et d’émissions de télévision. Les médias écrits disposent désormais de plateformes Web.

Le Conseil de la radiodiffusion et des communications du Canada, le CRTC, réfléchit présentement sur ces grands changements qui touchent l’industrie des médias. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) estime important de rappeler que dans un marché à forte concurrence comme celui des médias, permettre aux entreprises d’évoluer librement est la meilleure façon favoriser l’innovation, d’augmenter la productivité, de stimuler la créativité et, à terme, de garantir leur survie.

La nécessaire équité entre les médias
Plusieurs de nos médias traditionnels opèrent encore dans un monde réglementé. En 2009, ces règles sont non seulement un frein à la créativité, mais elles menacent la survie même de nos journaux et de nos télévisions généralistes. En effet, les firmes Internet et plusieurs nouveaux médias échappent à cette réglementation ce qui soulève un problème d’équité et de libre concurrence.

Dans une étude sur l’état de l’industrie des médias réalisée par le Professeur Yves Rabeau¹ pour le compte de la FCCQ, après avoir fait ce constat, on conclut que seule la déréglementation des médias traditionnels peut résoudre ce problème. Pourquoi ne pas réglementer Internet alors? Parce que la fluidité des contenus sur Internet rend pratiquement impossible toute réglementation efficace. D’ailleurs, plusieurs intervenants devant le CRTC estiment que les nouvelles technologies de la communication constituent un changement fondamental qui pourrait se traduire à terme par la disparition des entreprises réglementées.

De plus, il nous semble faux de prétendre que notre culture a besoin d’un environnement protégé pour s’épanouir. Plusieurs de nos grands artistes – Céline Dion, le Cirque du Soleil, Plamondon pour ne nommer qu’eux – se sont fait connaître partout sur la planète sans mesures protectionnistes. Déjà, toutes les chances ont été données, le temps est venu de prendre notre envol.

Les conditions essentielles pour réussir
À travers plusieurs études de cas², notre étude nous a permis de dégager les conditions essentielles pour les entreprises désireuses de réussir dans l’industrie des médias au Canada en 2009.

D’abord, l’entreprise doit pouvoir puiser parmi les actifs existants les ressources nécessaires pour effectuer son virage technologique. C’est lorsqu’elle change sa culture d’entreprise et que les gens cessent de travailler en silos que le succès est possible. Tous les joueurs du monde des médias doivent donc faire preuve de créativité, se repositionner et dans bien des cas, revoir leur modèle d’affaires.

Le développement de nouvelles plateformes comporte des coûts et, règle générale, les revenus générés ne sont que la récupération de revenus perdus par les médias traditionnels. Il faut donc déployer de nouvelles façons de faire pour absorber les coûts avec des gains de productivité. Dans ce contexte, l’utilisation de la notoriété de la marque est essentielle pour faire migrer leur clientèle vers le Web, l’offre de service de proximité ou la conclusion de partenariats sont aussi nécessaires à la survie de nos entreprises de média.

Les médias et les transporteurs d’information s’accordent pour dire qu’il faut favoriser la créativité et aller vers une réduction significative de la réglementation pour faire face aux nouvelles conditions de la concurrence sur le marché et être en meilleure position pour innover. Bref, Il faut leur permettre d’évoluer librement dans un marché restreint à forte concurrence.

La Fédération des chambres de commerce du Québec les appuie fortement.

¹ Étude sur les médias et les communications, préparée pour la FCCQ par Yves Rabeau, PhD, Professeur titulaire ESG-UQAM, mars 2009

² Médias Transcontinental (TM), la Société Radio-Canada (SRC), La Presse (Société Gesca) et Canoe de Québécor Média (QMI).

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