Création d’une bourse du carbone
La FCCQ s’inquiète des répercussions économiques
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ – www.fccq.ca) a pris connaissance aujourd’hui de l’annonce du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, M. Pierre Arcand, concernant la création d’une bourse du carbone au Québec et tient à faire part de son désaccord par rapport à ce projet.
« Il faut être clair, nous ne sommes pas contre les mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), mais la création de cette bourse du carbone nous inquiète, a déclaré la présidente-directrice générale de la FCCQ, Mme Françoise Bertrand. Pour que ce projet ne nuise pas à la compétitivité des entreprises québécoises, il faudrait que plusieurs administrations, avec qui le Québec est en compétition, fassent la même chose, ce qui n’est pas le cas actuellement. »
Rappelons que la Californie et le Québec sont pour le moment les seules administrations aux États-Unis et au Canada à créer une bourse du carbone. Dans le contexte économique actuel, la FCCQ juge qu’il est prématuré de mettre en place une telle structure qui pourrait créer une pénalité économique indue aux entreprises œuvrant sur le territoire québécois.
La FCCQ comprend que le Québec, de par son adhésion au Western Climate Initiative (WCI), s’est engagé à être parmi les leaders de la lutte aux changements climatiques. Grâce à notre hydroélectricité et aux efforts déployés par nos grandes entreprises, notamment celles de l’aluminium, le Québec fait déjà meilleur figure que la majorité des États d’Amérique du Nord. En cette période d’incertitude économique imputable à la faiblesse de l’économie américaine et de la crise financière européenne, la FCCQ s’inquiète de la volonté du gouvernement du Québec de prendre le risque d’affaiblir davantage nos moyennes entreprises sans en avoir pleinement mesuré les impacts économiques et en communiquer les résultats.
« Les entreprises du Québec évoluent dans un monde concurrentiel, et le fait que les États de la Nouvelle-Angleterre ne soient pas signataires du WCI risque de porter un dur coup à la compétitivité de notre secteur manufacturier déjà mal en point, a ajouté Mme Bertrand. Notre voisine, l’Ontario, a par ailleurs annoncé qu’elle reculait sur l’entrée en vigueur des mesures du WCI. Nous croyons que la fragilité de la reprise économique ne nous permet pas de se lancer aveuglément et probablement seuls dans cette voie. »
La FCCQ reconnait toutefois que cette annonce met fin à une période d’incertitude qui aurait pu compromettre des projets industriels importants. Les entreprises auront jusqu’en 2013 pour ajuster leur plan d’affaires et introduire les réductions de GES à même les investissements annoncés ou en voie de l’être.
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