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Communiqué

Montréal, le lundi 6 décembre 2010

Communiqué
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Financement équitable des universités :

Un appel à la responsabilisation des étudiants et des universités !

Au moment où se tient la « Rencontre des partenaires en éducation » organisée par la ministre de l’Éducation, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) s’inquiète vivement de la position de plusieurs groupes de refiler encore une fois aux contribuables (individus et entreprises) le fardeau du redressement financier des universités. La FCCQ fait appel au sens des responsabilités des principaux acteurs et au premier chef les étudiants et les universités elles-mêmes.

Les universités : des institutions indispensables qu’il faut financer adéquatement !

La FCCQ reconnaît l’importance des universités dans le développement de l’économie. Mais un réseau d’institutions universitaires de qualité coûte cher. Toutes les sociétés développées acceptent cette réalité et investissent dans leurs universités et elles y consacrent de plus en plus de ressources. Or, globalement, le Québec ne suit pas ce rythme.

Les effets de ce sous-investissement ne sont pas perceptibles du jour au lendemain. Mais, petit à petit, nous perdons du terrain. Insidieusement, la qualité de l’enseignement et de la recherche s’érode.  

« Il faut accepter de regarder la réalité en face aller au-delà de la rhétorique et de la pensée magique selon lesquelles l’argent public sera toujours au rendez-vous. Il faut chercher des solutions courageuses, mais raisonnables, estime Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la FCCQ.

Les étudiants doivent assumer leur juste part

Le Québec se distingue de manière spectaculaire par la faible contribution des étudiants. Les frais de scolarité comptent pour 25 % des recettes des collèges et universités au Canada, alors qu’ils ne représentent que 12,7 % des revenus des universités québécoises. Cet écart représente un manque à gagner de 700 M $ par année pour  les universités québécoises.

Depuis 1988, les droits chargés aux étudiants universitaires ont connu une hausse sensible et constante, partout au Canada, sauf au Québec. Au premier cycle universitaire, ils sont passés, en moyenne au Canada, de 1 200 $ en 1988 à 5 138 $ en 2009-2010. Le Québec, qui contribue à faire baisser la moyenne canadienne, a fait passer ses droits de scolarité de 1 160 $ à 2 415 $.

Des frais de scolarité modulés selon les disciplines

Le Québec est la seule juridiction en Amérique du Nord à ne pas moduler les droits de scolarité en fonction des coûts de formation et des gains prévisibles des finissants au cours de leur carrière. Chez nous, il en coûte à peu près autant pour fréquenter une faculté de sciences humaines qu’une faculté de médecine. Il faut mettre fin à cette iniquité.

Des frais de scolarité qui doivent stimuler l’émulation de nos universités

Les institutions universitaires doivent se démarquer par une offre différente de programmes ou de services, ce qui se fait partout dans le monde.  Cette offre diversifiée peut commander des droits de scolarité différents, et ce, à l’intérieur de grandes balises fixées par l’État.

La hantise de l’accessibilité

Selon le discours traditionnel entendu au Québec, toute hausse des droits de scolarité entraînerait une diminution dramatique de la fréquentation universitaire. Or, cette prétention ne correspond nullement à la réalité.  Au Canada, on constate une augmentation générale de la fréquentation universitaire, et ce, en dépit des hausses successives des frais de scolarité. Le Québec ne fait pas mieux, malgré ses droits de scolarités exceptionnellement attractifs. Bien sûr, il faudra adapter l’aide financière (prêts et bourses) aux étudiants au nouveau contexte résultant d’une révision  majeure et nécessaire des droits de scolarité.

Les universités ont aussi leur part de responsabilités

La nécessité d’ajouter des ressources dans les universités ne soustrait aucunement ces dernières à un pressant besoin d’examiner leurs pratiques.

Le mode actuel de financement, par tête d’étudiants, a conduit les universités à des dérives regrettables. La prolifération des programmes, certificats et autres offres de formation en témoignent. La concurrence s’exerce parfois en dehors de toute logique apparente et sans souci d’une coordination interuniversité.
La frénésie immobilière des universités doit être freinée. À l’ère de la cyberformation, de l’université virtuelle pour ainsi dire, nos institutions universitaires investissent dans le béton. Les universités prétendent qu’elles autofinancent ces immobilisations. Leur interprétation de l’autofinancement nous apparaît assez audacieuse, dans la mesure où se ces investissements se réalisent avec de l’argent qui provient à plus de 75 % de fonds publics. Bref, les universités qui réclament à juste titre des ressources additionnelles pour s’acquitter correctement de leur mission, doivent faire un exercice d’autocritique et de rendre compte de leur gestion.

Les entreprises contribuent déjà !

Dans les pays industrialisés, les entreprises ne participent pas directement au financement des universités. C’est essentiellement par le financement de projets de recherche ou de chaires de recherche, que les entreprises ajoutent des ressources aux universités.

À cet égard, la contribution des entreprises du Québec se compare avantageusement à celle des autres provinces du Québec. En 2008-2009, les entreprises du Québec ont versé 253 M$ à des universités d’ici pour le financement de la recherche, ce qui représente 9 % de l’ensemble des dépenses des universités québécoises au titre de la recherche et du développement, comparativement à 8,1 % à l’échelle canadienne. 

La FCCQ exige une responsabilisation des acteurs agissant sur le réseau universitaire qui se traduirait par :

  1. Une hausse graduée des frais de scolarité pour rejoindre d’ici 7 ans la moyenne canadienne;
  2. Des frais de scolarité modulés selon les disciplines;
  3. Une différenciation de l’offre de formation des universités;
  4. Un programme de prêts et bourses adapté aux nouvelles réalités
  5. Une assurance que les “argents neufs” générés par la majoration des frais de scolarité soient dédiés exclusivement à l’amélioration de la qualité d’enseignement;
  6. Une révision en profondeur de la gestion des universités quant à leur mandat et l’utilisation de leurs ressources;
  7. Une reddition de compte régulière en fonction de critères de performance axée sur les résultats attendus
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