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Montréal, le lundi 7 février 2011

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Tournons le dos à l’an passé et faisons confiance au printemps

Malgré la neige qui recouvre de son épais manteau blanc la vallée du St-Laurent, tout ce qui se trouve en dessous de ce dernier n’a pas été pour autant oublier semble-t-il. Nous sommes encore un peu loin du printemps hélas, mais le chaud sujet de notre richesse gazière encore inexploitée lui ne nous a pas quitté depuis l’arrivée de l’hiver, qui risque de durer encore quelques semaines selon Fred la marmotte.

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Or, tout comme moi, vous avez sûrement suivi les dernières tournures du débat entourant l’exploitation du gaz des shales de l’Utica. Je tiens à employer cette formule, car elle nous ramène au tout début de l’histoire et illustre bien mon propos je crois. L’usage l’emporte sur la règle me direz-vous, mais il reste quand même que le mot schiste désigne une formation rocheuse plutôt commune.

Passer des monologues au dialogue

Vous trouverez peut-être pédagogue, mais en fait, employer les bons mots et le dialogue sont toujours un bon moyen de faire avancer une société. L’arrivée quant à elle de monsieur Bouchard, celui qui était véritablement aux commandes lors de la crise du verglas en 1998, est certainement un signe favorable à l’établissement d’un véritable dialogue. Bien des gens ont déjà commenté son entrée en scène avant même qu’il ne dise quoi que ce soit sur le sujet et je me limiterai donc à dire que la présence de ce nouvel interlocuteur est encourageante. Du côté du gouvernement, les récents propos du ministre de l’Environnement par rapport à l’industrie laissent croire qu’il y a là aussi un changement qui s’opère. Reste maintenant à voir si les opposants souhaiteront joindre les échanges ou s’entêteront à agiter des épouvantails.

Un moratoire sur l’idée d’un moratoire de grâce!

À mon avis, je crois qu’il est nécessaire d’enfin mettre les débats sur la tenue d’un moratoire derrière nous. Lors de mes interventions auprès des médias sur le changement de ton du gouvernement au sujet des gaz de shale, j’ai soutenu qu’il était difficile pour les entreprises d’investir lorsque l’environnement d’affaires est incertain. La prévisibilité réglementaire est primordiale pour les investisseurs. Dans certains cas, les décisions se prennent plusieurs mois, voire plusieurs années avant la première pelletée de terre. Il est important que les investisseurs sachent dans quel contexte ils prennent leurs décisions et qu’ils puissent anticiper ce contexte à moyen terme. On ne peut changer les règles du jeu en cours de route sans leur porter préjudice.

Laisser faire les experts

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) remettra prochainement son rapport sur le développement durable de l’industrie des gaz de shale au Québec. Or, il est nécessaire à mon avis d’attendre ce dernier avant de reprendre de plus belle les débats. Tous s’entendent pour dire que le cadre réglementaire et législatif doit être modernisé. Le gouvernement travaille actuellement à une loi spécifique sur les hydrocarbures et l’industrie s’y attendait. Toutefois, dans l’expression développement durable, il y a le mot développement. Il n’avait jamais été question de moratoire au moment où ils ont décidé d’investir. C’est là toute la différence entre attirer les investisseurs et les faire fuir. Car eux, contrairement au printemps, ils risquent bien de ne pas revenir.


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